09/10/2026

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Bukavu : après les flammes, des familles sans toit face aux pluies et aux difficultés de reconstruction

Un bébé de deux mois, dix enfants et une seule petite chambre improvisée avec des tôles récupérées dans les décombres. À Bukavu, les conséquences des incendies continuent de peser sur les familles sinistrées. Privées de leurs habitations, certaines vivent dans des abris de fortune, exposées au froid et aux intempéries. Entre manque de moyens financiers, démarches administratives et exigences de reconstruction en matériaux durables rapportées par les victimes, retrouver un toit devient un véritable parcours du combattant.

Les flammes ont détruit leurs maisons, emporté leurs biens et bouleversé leur quotidien. Plusieurs familles victimes des incendies survenus à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, peinent encore à se relever. Alors que les pluies s’installent, certaines restent sans logement décent et tentent de survivre dans des conditions précaires.

La rédaction de Freemedia s’est rendue sur le lieu du sinistre ce vendredi 9 octobre 2026. Sur place, les témoignages recueillis révèlent une détresse qui perdure bien après le passage des flammes. Pour ces familles, l’urgence n’est plus seulement de remplacer les biens perdus, mais surtout de retrouver un toit pour protéger leurs enfants.

À leurs difficultés matérielles s’ajoutent les obstacles à la reconstruction. Selon plusieurs victimes rencontrées, les autorités exigeraient que les nouvelles habitations soient construites en matériaux durables. Une condition que certains sinistrés, déjà fragilisés par leurs pertes, disent ne pas pouvoir remplir faute de ressources suffisantes.

Les démarches administratives nécessaires à l’obtention des documents requis pour entreprendre les travaux constituent également un obstacle. Dans l’attente de pouvoir reconstruire, plusieurs familles continuent ainsi de vivre dans des abris de fortune, avec une protection limitée contre les intempéries.

Une mère de dix enfants inquiète pour son bébé

Pour une mère de dix enfants, chaque nuit est devenue une épreuve. Après l’incendie, elle a tenté de fabriquer un abri avec les tôles récupérées parmi les décombres. Dans cette petite chambre improvisée, les onze membres de la famille passent la nuit ensemble, couchés sur une bâche et sans protection suffisante contre le froid et la pluie.

La situation est d’autant plus préoccupante que la famille compte un nourrisson de deux mois. Avec l’arrivée des pluies, cette mère redoute les conséquences de ces conditions de vie sur la santé de son bébé et de ses autres enfants.

« J’ai dix enfants et nous passons tous la nuit dans une seule petite chambre que nous avons fabriquée avec les tôles récupérées après l’incendie. Nous dormons sur une bâche, exposés aux intempéries, alors que nous sommes déjà dans la saison des pluies. J’ai aussi un bébé de deux mois et je crains pour sa santé à cause de ces conditions difficiles. Nous demandons seulement aux autorités de nous autoriser à commencer la reconstruction, selon nos moyens, afin que nous puissions mettre nos enfants à l’abri », témoigne-t-elle.

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    Image d’un abri avec les tôles récupérées parmi les décombres à Luziba 

Derrière cet appel se trouve un besoin immédiat : pouvoir reconstruire progressivement un logement décent, adapté à ses moyens, afin de mettre sa famille à l’abri. Pour cette mère, chaque jour passé dans ces conditions prolonge l’épreuve vécue depuis le sinistre.

La détresse touche également d’autres ménages. Carmel, père de sept enfants, évoque notamment l’absence d’électricité parmi les difficultés auxquelles sa famille est confrontée depuis l’incendie. Malgré les épreuves, il affirme puiser sa force dans sa foi pour continuer à avancer.

Une autre mère de famille décrit, elle aussi, les difficultés rencontrées pour assurer la prise en charge de ses enfants depuis le sinistre.

« Nous vivons dans une situation très difficile. Nous souhaitons que tout le monde puisse nous aider à construire », confie-t-elle.

Ces témoignages illustrent les conséquences humaines des incendies à Bukavu. Au-delà des pertes matérielles, les sinistrés ont perdu un espace de vie essentiel à leur sécurité, à leur intimité et à leur dignité. Pour les familles nombreuses, l’absence d’un logement convenable rend particulièrement difficile la protection des enfants et l’organisation de la vie quotidienne.

Les victimes sollicitent l’accompagnement des autorités, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté. Elles espèrent bénéficier d’un soutien concret pour reconstruire leurs habitations et offrir à leurs enfants un environnement plus sûr.

Si la reconstruction demeure une nécessité à long terme, la protection des familles constitue une urgence immédiate. Avec les pluies, les abris de fortune offrent une protection insuffisante, notamment aux nourrissons et aux autres personnes vulnérables.

Pour ces sinistrés, le retour à une vie normale dépend désormais de leur capacité à surmonter les difficultés financières et administratives qui retardent la reconstruction.

 

Par Cosna Muhigwa