La hausse des tarifs de certains forfaits internet suscite la colère des consommateurs à Bukavu et dans ses environs. Le Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix (COSCIP) dénonce cette situation et appelle les opérateurs de télécommunications à améliorer la qualité de leurs services, tout en informant leurs abonnés de tout changement tarifaire.
La dénonciation a été faite ce vendredi 14 août 2026 par le COSCIP, qui estime que cette nouvelle situation vient alourdir davantage le quotidien d’une population déjà confrontée à de nombreuses difficultés économiques liées notamment aux conséquences des conflits armés.
Au-delà des problèmes de connexion que les utilisateurs disent subir depuis plusieurs mois, la hausse des prix des forfaits internet vient désormais ajouter à leur frustration.
Selon plusieurs consommateurs interrogés, c’est au réveil du jeudi 13 août qu’ils ont constaté une augmentation du coût de certains forfaits, sans communication préalable clairement portée à leur connaissance.
Les opérateurs Africell et Airtel sont notamment cités par les consommateurs concernés.
Le COSCIP exige plus de transparence
Face à cette situation, le modérateur principal du COSCIP, Emmanuel Bengehya, dénonce ce qu’il qualifie d’attitude « inacceptable » de la part des sociétés de télécommunications.
« Nous condamnons avec force l’attitude ou l’escroquerie qu’affichent les maisons de télécommunication dans la province du Sud-Kivu, particulièrement dans la ville de Bukavu. Cela fait plus de quatre mois que nous observons ces problèmes auprès des maisons de télécommunication, que ce soit chez Orange, Airtel, Vodacom ou Africell », dénonce-t-il.
Pour le responsable du COSCIP, les opérateurs doivent avant tout améliorer la qualité de leurs services et privilégier la communication avec leurs clients lorsqu’une modification intervient.
« Nous invitons les responsables de ces maisons de télécommunication à améliorer la qualité de leur connexion, mais aussi à prévenir chaque fois la population lorsqu’il y a un changement des tarifs », appelle Emmanuel Bengehya.
Les autorités interpellées
Le COSCIP appelle également les autorités compétentes à jouer pleinement leur rôle de régulateur afin de protéger les consommateurs contre d’éventuels abus.
Emmanuel Bengehya estime que la population de Bukavu, déjà fragilisée par la situation économique et les conséquences des conflits armés, ne devrait pas être davantage exposée à des charges supplémentaires liées aux services essentiels de communication.
« Les autorités doivent jouer leur rôle de régulateur des actions posées par les opérateurs économiques afin d’épargner la population de l’escroquerie », insiste-t-il.
Une procédure de modification tarifaire à respecter
Selon les dispositions réglementaires évoquées par le COSCIP concernant le secteur du numérique en RDC, tout opérateur qui souhaite modifier ses tarifs est tenu d’en informer l’autorité de régulation au préalable. Cette notification doit intervenir huit jours avant l’entrée en vigueur du nouveau tarif, afin de permettre à l’autorité compétente d’en examiner la conformité.
Le même dispositif prévoit, selon le document cité, qu’en l’absence de réaction de l’autorité de régulation dans le délai prévu, la modification tarifaire peut être considérée comme autorisée.
Reste donc à savoir si cette procédure a effectivement été respectée par les opérateurs concernés avant l’application des nouveaux tarifs constatés par les consommateurs à Bukavu.
En attendant d’éventuelles explications des entreprises de télécommunications et des autorités de régulation, les consommateurs continuent de réclamer deux choses : une connexion de meilleure qualité et davantage de transparence sur les tarifs appliqués.
Par Prosper Mubambwe

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