Dix ans après l’adoption de la résolution 2250 des Nations Unies sur la jeunesse, paix et la sécurité, les jeunes du Sud-Kivu dressent un constat amer. Malgré leur engagement, leur participation reste largement symbolique. La Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) du Sud-Kivu appelle à un sursaut collectif.
Pour Pacifique Mushibusa, Modérateur la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité indique que depuis 2022, la RDC a élaboré son tout premier plan d’action national pour mettre en œuvre la résolution 2250. Trois ans plus tard, ce document n’a toujours pas été validé. Il reste un projet, sans application concrète.
« Il faut booster la volonté politique. Les autorités doivent écouter les jeunes et intégrer leurs propositions ».
Des jeunes présents, mais pas entendus
Les jeunes sont souvent invités aux réunions, mais rarement impliqués dans les décisions. Ils sont là pour faire nombre, pas pour faire sens.
« On est là pour la photo, pas pour la parole. On nous consulte, mais on ne nous confie rien. » a-t-il révélé
Les financements vont souvent à des ONG dirigées par des adultes, éloignées des réalités de la jeunesse. Les initiatives portées par les jeunes manquent de moyens pour se développer.
Depuis plus de trente ans, l’Est du pays est ravagé par des conflits. Les jeunes en sont les premières victimes. Pourtant, aucun mécanisme de protection spécifique n’a été mis en place.
« On nous utilise, on nous manipule. Certains jeunes commettent des actes qu’ils ne comprennent même pas. »
La coalition plaide pour une justice transitionnelle adaptée aux jeunes: réparation, réconciliation, et surtout, non-répétition.
La dernière politique nationale de la jeunesse date de 2009. Elle ne répond plus aux réalités actuelles. Il n’existe ni politique d’emploi, ni stratégie d’accompagnement des initiatives jeunes.
« Les jeunes sont abandonnés. Sans perspectives, certains finissent dans des groupes armés. »
Des dialogues sans les jeunes c’est une paix incomplète
Alors que des dialogues de paix sont en cours, les jeunes sont absents des négociations. Pourtant, ils sont les plus touchés par les conflits.
« On ne peut pas construire la paix sans ceux qui en paient le prix. Les jeunes doivent être à la table. »
Une prise de conscience qui progresse
Grâce aux efforts de la coalition JPS Sud-Kivu, la résolution 2250 est de plus en plus connue. À Bukavu, environ 60 % des jeunes en comprennent les piliers. Mais dans les territoires éloignés, le manque de moyens freine la sensibilisation affirme Pacifique Mushibusa.
Pour ce dixième anniversaire, le modérateur de la coalition lance un double appel: aux jeunes, de rester engagés, résilients et porteurs de paix; aux autorités et partenaires, de faire confiance à la jeunesse et de lui donner les moyens d’agir.
« Les jeunes ne sont pas des boucliers. Ils doivent être dans les lieux de décision, pas au front. » a-t-il conclu
Par Mitterrand Rukozo

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