La situation socio-économique à Bukavu ne permet plus à la population de mener ses activités quotidiennes. La majorité des habitants vit au taux du jour, et les jeunes entrepreneurs peinent à maintenir leurs activités génératrices de revenus. Depuis un mois, la ville de Bukavu est occupée par l’AFC/M23, ce qui a bouleversé la vie locale.
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L’activité économique est au ralenti, les banques ont fermé leurs portes, les organisations humanitaires sont quasiment absentes et les célébrations de mariages se font rares. La vie de la population devient de plus en plus difficile et la situation continue de se détériorer. L’insécurité atteint des niveaux record dans certains quartiers, en raison de la présence de bandits armés.
Nous avons rencontré Arsène Birinjira, qui nous a parlé des difficultés qu’il rencontre depuis l’occupation de la ville par l’AFC/M23.
Face à cette situation, Arsène Birinjira, un jeune photographe, témoigne de ses difficultés. Après avoir erré dans les rues toute la journée, il rentre chez lui où ses jeunes frères passent le temps sur leurs ordinateurs et téléphones. Les photographes ne sont pas épargnés par la crise socio-économique qui frappe Bukavu:
« Les commandes que nous avions l’habitude de recevoir ont chuté de manière drastique. Parfois, nous passons des semaines sans aucun contrat. Avant, nous avions des commandes presque tous les week-ends. Maintenant, nous ne faisons que quelques petits contrats de dépannage, et les clients négocient les prix à la baisse. Même les demandes pour les mariages ont diminué », explique-t-il.
Le jeune photographe n’est plus sollicité pour les cérémonies de mariage et les ateliers, qui se font de plus en plus rares :
« La fermeture des institutions affecte directement mon activité. Je n’ai plus de contrats. Et même les conventions entre particuliers sont revues à la baisse. Tout le monde se plaint du manque d’argent. Par exemple, un contrat de mariage que j’avais conclu pour 200 ou 300 dollars est ramené à 50 ou 100 dollars », ajoute-t-il.
Comment arrivez-vous à subvenir à vos besoins quotidiens ?
« C’est une situation tragique qui nous affecte tous. Nous avons du mal à répondre à nos besoins. Nous faisons de notre mieux pour gagner ce que nous pouvons », conclut-il.
Malgré le contexte difficile, Arsène encourage les entrepreneurs à ne pas se laisser abattre.
Mitterrand Rukozo

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