Un mois après la prise de contrôle de Bukavu par les combattants de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23), la ville est plongée dans une crise multidimensionnelle, affectant profondément la vie de ses habitants.
https://youtu.be/NzkNobfLapw?si=gXu0QR3ThuYXCTPT
Notre équipe de rédaction, présente sur le terrain ce vendredi 21 mars 2025, a constaté une situation alarmante.
L’économie locale est paralysée, les banques sont fermées, les activités commerciales sont au point mort et les écoles fonctionnent au ralenti. Cette paralysie économique a entraîné une pénurie de produits de première nécessité et une flambée des prix, exacerbant la vulnérabilité des populations. La circulation monétaire est bloquée, entravant les échanges commerciaux et plongeant la ville dans une récession.

L’insécurité règne en maître, avec des attaques armées fréquentes et la découverte de corps sans vie dans les rues.

La justice populaire, alimentée par la peur et le désespoir, prend de l’ampleur, avec des cas de personnes présumées voleurs lynchées et brûlées vives par la foule.

La vie nocturne a disparu, les habitants se cloîtrent chez eux dès 18 heures, les taxis ont déserté les rues et les lieux de divertissement sont déserts. Les cérémonies et les rassemblements sociaux sont devenus rares.

Les témoignages recueillis auprès des habitants de Bukavu reflètent un profond désarroi.
Elie Bahati dénonce l’impact dévastateur de la fermeture des banques, imputant la responsabilité au gouvernement de Kinshasa : « Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, rien ne va plus. Les banques sont fermées, les travailleurs ne peuvent pas toucher leur salaire. Les prix ont explosé. Nous demandons aux nouvelles autorités de rétablir la paix et d’améliorer nos conditions de vie. » a-t-il demandé
Koko Bahiga Mélanie confirme le bouleversement de la vie quotidienne : « Tout a changé depuis l’arrivée de l’AFC/M23. Les gens ne peuvent plus exercer leurs activités habituelles. » indique t-il.
Nicollete Ashuza, étudiante, s’inquiète pour son avenir : « La situation est chaotique. Les études sont perturbées, on vit dans la peur. Aujourd’hui, les professeurs ne sont même pas venus. »
Pour rappel, Bukavu est tombée aux mains de l’AFC/M23 le dimanche 16 février 2025, après la prise de Goma. Les nouveaux dirigeants ont mis en place une nouvelle administration, mais la situation humanitaire et sécuritaire reste précaire.
Prospère Mubambwe et Christel Safari

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