La décomposition de corps à l’air libre, conséquence tragique des conflits armés, représente un danger sanitaire pour la population. Des dizaines de milliers de cadavres, laissés sans sépulture dans les zones de combats, créent un environnement propice à la propagation d’épidémies.
Le Dr. Théophile Kabesha, médecin et professeur à l’Université Officielle de Bukavu (UOB) à la faculté de médecine, alerte sur les multiples voies de contamination :
» Les mouches, attirées par les corps en décomposition, peuvent transporter des agents pathogènes et contaminer la nourriture. Les animaux domestiques, tels que les chiens, les chats et même les porcs, peuvent également consommer ces corps et devenir des vecteurs de maladies.
Les cadavres abandonnés dans l’eau se décomposent et libèrent des germes qui peuvent contaminer les sources d’eau potable, exposant ainsi les populations à des risques d’infection. La décomposition des corps entraîne la libération d’odeurs nauséabondes et de matières organiques qui peuvent provoquer des maladies pulmonaires. De plus, les liquides issus de la décomposition peuvent s’infiltrer dans le sol et contaminer les nappes phréatiques » explique t-il.
L’intensification des combats entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), soutenues par les Wazalendo, et le M23 a entraîné une augmentation du nombre de victimes. Face à cette situation, il est crucial de prendre des mesures immédiates pour éviter une catastrophe sanitaire.
Recommandations du Dr. Kabesha
Mettre fin aux tuerie, la priorité absolue est de rétablir la paix et de favoriser la réconciliation sociale.
Il est essentiel de mettre en place des dispositifs pour la prise en charge et l’inhumation des corps; afin de prévenir la propagation de maladies; intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation auprès de la population sur les risques sanitaires liés à la décomposition des cadavres et sur les mesures d’hygiène à adopter. Il est également crucial de sensibiliser la population vivant au bord du lac Kivu sur les risques de contamination de l’eau et de recommander la désinfection ou l’ébullition de l’eau avant consommation.
» Il est important de veiller au respect de la dignité humaine et à la protection de la vie » a t-il conclu.
Par Mitterrand Rukozo

More Stories
Semaine de l’allaitement exclusif : les mères sont appelées à allaiter exclusivement leurs bébés, afin de les épargner des risques métaboliques
Sud-Kivu : la DPS justifie le nouveau report de la campagne de vaccination contre la rougeole
Bukavu : des mouvements citoyens demandent l’amnistie de certains acteurs pour favoriser le dialogue