20/08/2026

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RDC-JI d’enfants victimes, innocente d’agression: le cri silencieux des enfants victimes d’agressions à l’Est

Chaque le 4 Juin de l’année, le monde se penche sur la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression. Mais cette année, et plus particulièrement dans l’Est de la République Démocratique du Congo, cette journée a résonné avec une douleur particulière.

Au Nord et au Sud-Kivu,  devenues  théâtres d’affrontements incessants et d’attaques de groupes armés, des millions d’enfants vivent un cauchemar quotidien, exposés à des violences physiques, psychologiques et sexuelle.

Des familles entières déplacées, des écoles détruites, privant les enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Pire encore, ils sont recrutés de force par les groupes armés, arrachés à leur innocence pour devenir des instruments de guerre. Les hôpitaux, sanctuaires de la vie, sont eux aussi ciblés, mettant en danger les vies fragiles qui s’y réfugient. Beaucoup se retrouvent blessés par balles, d’autres tués, et un nombre incalculable est égaré, séparé de leur famille dans la panique de la fuite.

Ces expériences traumatisantes, laissent des cicatrices invisibles mais profondes. Pour beaucoup de ces enfants, l’espoir de vivre s’est estompé, remplacé par une douleur psychologique accablante.

A l’occasion de cette journée, notre rédaction s’est rendue au Centre de Récupération des Enfants Orphelins et Femmes Victimes de guerres (CROFEM). Ce centre accueil plus d’une centaine d’enfants déplacés, venus des provinces voisines et de divers territoires du Sud-Kivu. Jérémie Barankabakaciza, fondateur de ce centre , nous a partagé son inquiétude.

 « Cette journée nous rappelle le début des souffrances des enfants. Nous faisons une lecture alarmante de la situation. Il a indiqué que le conflit qui, actuellement a affecté plusieurs, notamment depuis la fermeture des banques et le départ en congé technique de certains fonctionnaires qui apportaient un soutien à ce centre.

Les conflits, qu’ils soient passés, actuels ou à venir, laissent inévitablement des traces indélébiles sur les enfants. Malheureusement, ces conflits ne nous ont pas rendu service. Les enfants qui nous arrivent de différents coins voient leur évolution limitée, tant sur le plan physique que psychologique » décrit t-il.

GridArt_20250605_1404200652-300x197 RDC-JI d'enfants victimes, innocente d'agression: le cri silencieux des enfants victimes d'agressions à l'Est

Il lance un appel urgent aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté de leur venir en aide afin que ces enfants ne soient pas contraint de fuir le centre par manque de nourriture et soins

 « En tant que CROFEM, nous n’avons jamais été financés ni par le gouvernement ni par une organisation. Nous vivons des assistances et de l’apostolat de personnes de bonne volonté. Mais depuis l’occupation de la ville de Bukavu, ces enfants sont abandonnés à leur triste sort, leurs bienfaiteurs étant dispersés.

À chaque fois que nous recevons ces enfants, nous nous efforçons de traiter leur cas de manière particulière, en réalisant une thérapie pour chaque enfant, » explique Jérémie.

Jérémie interpelle la communauté internationale, au gouvernement et aux belligérants, notamment l’AFC/M23, pour qu’ils prennent en compte la souffrance de ces enfants innocents et respectent leur droit fondamental à la vie.

« Mon interpellation, au niveau international, national et local, s’adresse surtout aux belligérants. Sachez que le conflit génère des souffrances inimaginables, et ce sont les enfants qui en pâtissent le plus, » a-t-il martelé.

Joseph Ngwasi, un jeune encadré par le centre, témoigne de la dégradation de leur quotidien : « Depuis l’occupation de Bukavu, le mode de vie n’est vraiment pas bon. Nous vivons grâce à l’apostolat, et depuis l’occupation, les visites ont diminué. Cette situation nous touche beaucoup, car nous n’espérons plus à cause de cela. » témoignage t-il

Faida Bujiriri, orpheline de ses deux parents, exprime également leur détresse : « Nous n’avons plus de visiteurs qui nous apportent à manger, et nous commençons même à manquer d’habits face à cette situation. » s’inquiète t-elle

Malgré l’adversité, Joseph garde un minimum d’espoir.

« Cette journée m’interpelle à ne pas abandonner, malgré les difficultés, je dois continuer, » confie-t-il

Selon l’ONU, près de 300 millions d’enfants dans le monde subissent des violences physiques. Un chiffre qui grimpe à 400 millions si l’on y ajoute les violences psychologiques et sexuelles. Et la RDC n’est malheureusement pas épargnée par cette tragédie.

Par Mitterrand Rukozo