Trois organisations de la société civile, SADI Asbl, JSJD et DDC, réunies en consortium, ont organisée une conférence ce vendredi 20 Juin 2025 à Bukavu. Objectif , revisiter les approches des Organisations de la Société Civile (OSCs) pour renforcer leur impact sur le terrain, notamment dans la protection des droits socio-économiques, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) 2030 ratifiés par la RDC à New York en 2015.
Placée sous le thème « Repenser le rôle des OSC dans la défense des droits socio-économiques en période de crise », cette rencontre a réuni plusieurs acteurs de la société civile. Ils ont réfléchi ensemble aux défis majeurs auxquels font face les OSCs dans un contexte de crise et ont proposé de nouvelles stratégies d’adaptation.
Pour Danny Bahizire, directeur exécutif de la Solidarité Actions pour le Développement Intégral (SADI Asbl), la crise actuelle a considérablement affaibli l’action des OSCs, particulièrement depuis l’occupation de la ville de Bukavu. Il déplore le retrait de nombreuses organisations de la scène humanitaire, alors qu’elles sont essentielles au développement socio-économique local.
« Aujourd’hui, nous avons voulu réfléchir avec les organisations locales actives à Bukavu et dans le Sud-Kivu sur leur rôle en cette période critique. Il est regrettable que plusieurs structures se soient effacées alors qu’elles étaient des piliers de la cohésion et du progrès dans la province. »
Jonas Bahizire, chercheur au sein de AGANZA Institute, a mis en lumière les nombreux chocs et restrictions auxquels font face les OSCs:
– Incapacité à intervenir dans les initiatives liées à la sécurité, pourtant indissociables de la paix
– Interdictions de plaidoyer, empêchant toute dénonciation
– Fermeture des banques locales, limitant l’accès aux fonds
– Rareté des financements pour la région
Déplacement de nombreux membres des OSCs eux-mêmes, réduisant considérablement leur capacité à agir
Ce contexte nécessite, selon lui, est une transformation profonde des méthodes d’intervention. Il plaide pour un dialogue renouvelé avec les parties prenantes et une meilleure synergie entre les différents acteurs du développement.
La conférence s’est terminée par un panel d’activistes engagés depuis le début de la crise, qui ont partagé leurs expériences et proposé des pistes de résilience collective.
Par Mitterrand Rukozo

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