À travers une déclaration conjointe publiée ce 22 juin 2025, les organisations TRAFFED et Greenfaith RDC apportent leur soutien à la campagne « Notre Terre sans Pétrole » et tirent la sonnette d’alarme face aux dérives liées à l’exploitation pétrolière en République démocratique du Congo.
Après cinq décennies d’activités extractives, les résultats sont jugés catastrophiques, notamment à Moanda, où l’exploitation pétrolière n’a apporté ni développement durable ni justice environnementale. Pour ces organisations, répéter ce modèle dans la cuvette centrale revient à « sacrifier les droits des communautés locales sur l’autel d’un développement illusoire ».
Un cadre légal ignoré.
La déclaration rappelle que la Constitution congolaise garantit à chaque citoyen le droit à un environnement sain (articles 3 et 9). De plus, la loi n°15/012 du 1er août 2015 impose aux compagnies pétrolières des obligations strictes en matière de développement durable, de transparence et de participation citoyenne. Or, ces engagements sont loin d’être respectés.

Cas du lac Kivu.
Des blocs d’exploitation du gaz méthane du lac Kivu ont été attribués à des entreprises telles que Symbion Power, Winds Exploration et Alfajiri Energy. Mais selon TRAFFED et Greenfaith, ces projets s’accompagnent de violations graves des droits des communautés d’Idjwi et des provinces voisines: absence de transparence, manque d’information, et investissements opaques sans bénéfice garanti pour la population.
Des risques multiples à dénoncer
Les signataires de la déclaration soulignent plusieurs préoccupations majeures:
– Risques de dégradation environnementale irréversible
– Fragilisation sociale et économique des populations riveraines
– Non-respect des lois nationales et des mécanismes de redevabilité
TRAFFED et Greenfaith RDC appellent les autorités à suspendre l’attribution des 52 nouveaux blocs pétroliers dans la cuvette centrale. Elles plaident pour un nouveau modèle économique basé sur les énergies renouvelables, la conservation des forêts et le respect des droits des peuples autochtones.
« L’heure est à la transition. Il est temps de tourner le dos aux projets fossiles destructeurs et de bâtir un avenir énergétique propre, inclusif et durable pour toutes et tous », conclut la déclaration.
Par Mitterrand Rukozo

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