19/08/2026

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Crypto-monnaie : après OTTO, Bukavu retombe dans le piège des investissements virtuels, opportunité ou arnaque encore ? (Édito)

Dans une ville où le chômage frappe durement les familles, un nouveau phénomène numérique prend de l’ampleur: le trading de crypto-monnaies. Présenté comme une opportunité d’investissement et de revenu alternatif, ce système attire toutes les couches sociales des jeunes aux parents, des professionnels aux commerçants, médecins aux patients. Mais derrière l’enthousiasme se cache une inquiétante ressemblance avec des arnaques passées comme OTTO et MyGoldRev qui ont appauvrit nombreuses familles dans les des années passées.

C’est quoi le crypto-monaie ?

Les « cryptomonnaies » ou « monnaie numériques » sont des termes utilisés couramment dans l’écosystème crypto. En effet, bien que souvent appelés crypto-monnaie, ces actifs ne sont pas des monnaies au sens juridique du terme. Ce sont des ressources virtuelles basées sur la technologie de la blockchain dont la valeur se détermine uniquement en fonction de l’offre et de la demande.

Le dilemme des familles à Bukavu 

Ce qui était autrefois l’affaire de quelques jeunes passionnés est devenu une obsession collective. Parents, enfants, commerçants tous veulent leur part du Bitcoin. Mais à quel prix? L’impact sur les revenus familiaux est réel, et les pertes peuvent être dévastatrices. Ça serait plus judicieux de prendre tout son temps à fin d’y réfléchir et prendre des bonnes décisions. Des sensibilisations de bouche à oreille, dans les groupes de discussion, et conférence en presentielle, et sur les réseaux sociaux , sont des outils pour vulgariser l’information.

 Un engouement massif d’investisseurs

Depuis quelques mois, les plateformes de crypto-monnaie se multiplient à Bukavu, Goma et ailleurs. Des noms comme ST Technologie, JIMO, WS, TTU, Daobit ou encore Trading prétendent être agréés aux États-Unis, promettant des gains quotidiens selon les fonds investis. Pourtant, aucune de ces structures n’est régulée par la Banque Centrale du Congo.

Selon l’enquêteur en crypto-monaie Kenyan Wycklillif révèle que les fonds transférés dans ces plateformes sont souvent redirigés à travers des portefeuilles décentralisés, convertis en diverses crypto-monnaies pour en effacer la trace. Un procédé qui rappelle les schémas pyramidaux d’OTTO, qui avait ruiné des milliers de familles congolaises. L’investissement dans les actifs numériques présente des risques et ne convient pas à tous les investisseurs. Il revient aux investisseurs de s’informer sur les risques liés aux différents actifs numériques.

Le piège du rêve numérique

L’attrait de l’enrichissement rapide pousse de nombreux Bukaviens à investir sans comprendre les mécanismes ni les risques. Selon le recherche menées par Chainalysis, les escroqueries aux crypto-monnaies ont coûté 9,9 milliards de dollars aux Africains. À Bukavu, les pertes s’accumulent, mais la mémoire collective semble avoir oublié les leçons du passé. Cette affaire souligne la fragilité du système, cette monnaie n’étant pas régulée et n’ayant aucun cours légal, les porteurs ne bénéficient d’aucune garantie de remboursement.

Les risques sont multiples:

-Volatilité extrême: Les prix peuvent chuter brutalement.

– Fraudes et arnaques: Projets fictifs, promesses irréalistes.

– Piratage: Portefeuilles et plateformes vulnérables.

– Absence de recours: Pas d’autorité centrale pour récupérer les fonds.

-Criminalité financière: Blanchiment, évasion fiscale, activités illicites.

 Un phénomène régional aux conséquences locales

Ce n’est pas un phénomène isolé. Des pays comme le Nigeria, le Kenya, l’Ouganda ou la Côte d’Ivoire ont également été touchés victimes des arnaqueurs . Lors du sommet de Davos, plusieurs chefs d’État ont appelé à une régulation stricte des crypto-actifs, estimant qu’ils pourraient provoquer des crises financières majeures.

En RDC, l’absence de cadre légal laisse les investisseurs sans protection. Le gouvernement congolais est appelé à agir pour encadrer ces pratiques et limiter les escroqueries numériques.

Il est notamment important de souligner que les actifs numériques peuvent présenter une volatilité importante et que les investissements en actifs numériques présentent un risque de perte en capital.

Par Mitterrand Rukozo