14/08/2026

FREEMEDIA

La Femme au cœur de l'actualité

RDC : « un dialogue oui, mais centré sur les victimes, loin du partage du pouvoir » un acteur politique réagi

Alors que l’idée d’un nouveau dialogue politique refait surface en République démocratique du Congo, des acteurs s’interrogent sur sa finalité réelle. Pour Désiré Ntahira, acteur politique et Coordinateur national du  Communicateur Républicain COREP, interpelle les acteurs  politiques que le débat ne doit plus tourner autour du partage du pouvoir, mais autour des besoins concrets des populations meurtries par des décennies de conflits.

‎https://youtu.be/w5Vq9kQHu_Q?si=jiEOhtqBn6FbK5Mk

 

‎« On n’ira pas dans ce concept-là de partager le pouvoir », tranche-t-il.

‎Selon lui, le pouvoir ne se résume pas à une présence dans les institutions. Il peut aussi se traduire par le développement, l’accès au travail, à la sécurité et aux services sociaux de base.

‎« S’il y a le salaire, la sécurité, le bien-être, les routes, les écoles, la prise en charge des malades, qui souhaiterait être membre du gouvernement ? Tout le monde ne peut pas être membre du gouvernement. »

‎Pour lui, les différents accords et processus de paix engagés jusqu’ici ont largement ignoré l’essentiel : la place des victimes dans les négociations.

‎« Dans tous les dialogues, on ne voit pas la place des victimes dans les accords qui ont été signés. »

 

‎Faire pression pour l’intérêt général, pas pour remplacer ceux au pouvoir?

‎Désiré Ntahira insiste sur la responsabilité collective de la population. Il appelle à une prise de conscience nationale et à une pression citoyenne sur les acteurs politiques.

‎« Ce pays n’est pas pour les individus, il est pour tout le monde. La population doit faire pression sur les acteurs politiques. »

‎Mais il précise que cette pression ne doit pas viser un simple remplacement des élites au sommet de l’État.

‎« Pas pour qu’ils quittent et que nous entrions, non. Mais pour qu’ils réussissent, pour que la population se retrouve. »

‎L’acteur politique dénonce la récurrence des mêmes visages dans les processus de dialogue.

‎« Ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont été au pouvoir pendant 10, 20 ou 30 ans qui doivent encore revenir dans les dialogues. »

‎À ses yeux, les véritables légitimes autour de la table sont les victimes et leurs représentants.

‎« Les dialogues, ce sont les victimes qui doivent être là pour parler en leur nom. »

‎Il insiste particulièrement sur la représentativité des femmes, premières victimes des violences dans l’Est du pays.

‎« Notamment les femmes. La représentativité féminine doit être là. »

‎Il plaide également pour une participation inclusive , opposition républicaine, opposition politique, opposition armée mais pas une opposition « fabriquée » par le pouvoir en place.

‎Malgré un diagnostic sévère, Désiré Ntahira appelle à ne pas céder au découragement.

‎« Il ne faut pas briser l’espoir. Ce pays a encore un mot à dire. »

‎Pour lui, le maintien du pouvoir ne peut se justifier que par la satisfaction des besoins de la population.

‎« Le pouvoir se maintient par l’intérêt de la population. Il n’y a que ça. »

Face au retard accumulé par la RDC par rapport à d’autres pays de la région, il estime que le dialogue à venir doit marquer une rupture nette avec les pratiques du passé.

‎« Nous devons dire clairement, dans ce dialogue, que la longue vie du pouvoir dépend uniquement du bien-être de la population. » a-t-il conclu.

‎Signalons que le président Félix Antoine Tshisekedi a annoncé, devant le corps diplomatique réuni à l’occasion de l’échange des vœux, l’ouverture d’un dialogue national apaisé, inclusif et résolument républicain. Ce processus vise à renforcer la cohésion nationale, tout en garantissant le respect des institutions issues du suffrage universel, sans jamais les remettre en cause.

‎Par Mitterrand Rukozo