27/06/2026

FREEMEDIA

La Femme au cœur de l'actualité

Bukavu : l’art comme langage universel au service de la paix, de l’environnement et de la cohésion sociale  

Reportage

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, l’artiste plasticien et écologiste Armand Andema, connu sous le nom d’Andema Pencil, utilise son art comme un outil de sensibilisation à la paix, à la cohésion sociale et à la protection de l’environnement.

Dès l’entrée de sa maison, le visiteur est plongé dans un univers qui ressemble à un véritable musée. Des tableaux aux couleurs variées occupent les murs du salon, racontant chacun une histoire, portant chacun un message.

Ici, les papiers usagés, les déchets et autres matériaux recyclés deviennent la matière première de créations artistiques porteuses d’espoir. À travers ses œuvres, Armand Andema donne vie à des images qui parlent parfois mieux que les mots.« Mon silence se transforme en image sur un tableau », confie l’artiste.

Pour lui, l’art n’est pas seulement une source de revenus. C’est aussi un moyen de renforcer le vivre-ensemble et de rappeler que les différences entre les peuples constituent une richesse plutôt qu’une faiblesse.

La RDC représentée comme un chantier collectif

Parmi ses nombreuses réalisations, deux tableaux retiennent particulièrement l’attention.

Le premier représente la République démocratique du Congo comme un vaste chantier en construction. Chaque brique symbolise l’une des 26 provinces du pays.

IMG-20260619-WA0055-300x169 Bukavu : l'art comme langage universel au service de la paix, de l'environnement et de la cohésion sociale   

« J’ai toujours réalisé des tableaux qui montrent que la solidarité est un moteur pour permettre aux peuples de vivre en harmonie », explique-t-il.

Pour l’artiste, aucune province n’est plus importante qu’une autre.

« Chaque brique compte. Si l’une manque, l’édifice perd son sens. Comme chaque province, chaque peuple compte aussi. C’est ce qui rend la RDC si belle et si forte », souligne-t-il.

La diversité comme une force

Le second tableau est une mosaïque composée de pièces triangulaires de différentes couleurs. Une représentation symbolique de la diversité culturelle congolaise.

Selon , ces couleurs illustrent les nombreuses langues, tribus et origines qui composent un même peuple.

« Lorsque ces couleurs sont réunies, elles forment un ensemble harmonieux, à l’image de notre pays », explique-t-il.

L’artiste compare la RDC à un écosystème naturel.« Un écosystème est riche grâce à sa diversité, à la biodiversité qu’il contient. Il en est de même pour une nation », affirme-t-il.

Investir dans les activités qui rassemblent

Convaincu que la cohésion sociale se construit au quotidien, Andema Pencil encourage les communautés à soutenir les initiatives qui favorisent les rencontres et le dialogue entre les peuples.

« Deux tribus peuvent être différentes, mais pas à tous les niveaux. Chaque tribu et chaque peuple ont des choses à apprendre de l’autre », conclut-il.

Les réseaux sociaux , sont les outils que Andema utilise pour véhiculer au grand plus le message de paix.

Au-delà de ses créations artistiques, Armand Andema s’investit activement dans le milieu culturel local. Formateur, il accompagne de jeunes talents et développe des projets destinés à encadrer la nouvelle génération d’artistes.

Par son engagement, il démontre qu’il est possible de transformer les déchets en œuvres d’art, mais aussi les différences en opportunités de vivre ensemble.

Par Mitterrand Rukozo