À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée le 19 août de chaque année, l’organisation Solidarité féminine (SOLIFEM) appelle les parties au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo à respecter les principes humanitaires et à garantir la protection des civils ainsi que des travailleurs humanitaires.
Dans un contexte marqué par la fragilité sécuritaire dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, SOLIFEM formule également une recommandation à l’endroit des bailleurs de fonds : renforcer la localisation de l’aide humanitaire en donnant davantage de responsabilités et de moyens aux organisations locales.
Selon cette organisation, la situation sécuritaire affecte particulièrement les populations civiles. Lors des affrontements, la distinction entre civils et combattants n’est pas toujours respectée, exposant ainsi les populations à des blessures, des pertes en vies humaines et à la destruction ou au pillage de leurs biens et moyens de subsistance.
Les travailleurs humanitaires ne sont pas non plus épargnés. Certains sont attaqués alors qu’ils sont en mission pour porter assistance aux victimes des conflits. Pourtant, leur statut leur confère une protection dans le cadre du droit international humanitaire, en raison notamment de leur caractère neutre et de leur absence de participation aux hostilités.
Pour John Batumike, coordinateur de SOLIFEM, le respect des principes humanitaires doit être une responsabilité de tous les acteurs impliqués dans les conflits.
« Dans cette situation de guerre que traverse le monde humanitaire, nous voulons que les principes humanitaires soient respectés, entre autres l’humanité et la neutralité. Nous sommes des humanitaires, nous devons sauver des vies, nous devons être proches des civils, de la population et des personnes en difficulté », plaide-t-il.
Il appelle ainsi les autorités et les parties au conflit à faciliter l’accès humanitaire afin de permettre aux organisations d’assister les populations affectées.
« C’est ce que nous demandons aux parties étatiques et à celles faisant partie du conflit : qu’elles puissent vraiment tenir compte de cela et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire que nous voulons faire arriver partout », ajoute John Batumike.
Au-delà de la protection des acteurs humanitaires, SOLIFEM insiste sur la nécessité de renforcer la localisation de l’aide, un principe qui vise notamment à accorder davantage de responsabilités aux organisations locales dans la conception et la mise en œuvre des interventions humanitaires.
Pour John Batumike, ces organisations sont les mieux placées pour identifier les besoins des communautés, puisqu’elles sont directement implantées dans les zones affectées.
« Nous voulons que les bailleurs de fonds puissent tenir compte des acteurs locaux en respectant la localisation. Ils sont très proches des communautés et connaissent leurs besoins. Qu’on leur donne le pouvoir et les moyens », insiste-t-il.
Pour SOLIFEM, le respect des principes humanitaires et une meilleure implication des acteurs locaux sont donc essentiels pour garantir une réponse humanitaire plus efficace, particulièrement dans les zones affectées par les conflits.
Par Prosper Mubambwe

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