La Journée internationale de lutte contre le travail des enfants trace la gravité d’exploitation des enfants qui viole la convention des droits international de l’enfant, en particulier à Bukavu, province du Sud-Kivu, où de nombreux enfants sont contraints d’abandonner les bancs de l’école pour survivre.
Alors que le monde entier commémore, ce 12 juin, cette journée dédiée aux droits de l’enfant, à Bukavu, des milliers d’enfants restent invisibles privés de l’éducation et d’insouciance,. Beaucoup sont livrés à eux-mêmes, condamnés à travailler dans des conditions inhumaines : dans les mines artisanales, les maisons de tolérance, chantiers, les lignes de front et d’autres zones échappant à tout contrôle étatiques et familial.
Dans les mines de Luhihi, territoire de Kabare, des enfants, parfois âgés d’à peine 8 ans, extraient à mains nues des minerais stratégiques. À cela s’ajoute la tragédie du conflit armé, toujours vivace dans l’Est de la RDC. Recrutés de force dans des groupes armés, utilisés comme porteurs, éclaireurs ou même combattants. Ces enfants perdent non seulement leur liberté, mais leur avenir. Les affrontements persistants entre milices locales, groupes rebelles et forces étrangères dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu aggravent cette crise humanitaire.
Les maisons de tolérance, souvent ignorées par les autorités locales, où des fillettes, encore mineures, sont contraintes à la prostitution pour subvenir à leurs besoins. Des réseaux de traite d’êtres humains profitent du chaos et de l’impunité ambiante pour asseoir leur domination sur ces enfants vulnérables.
La rédaction de Freemedia a rencontré certains de ces enfants. Uwezo, un enfant 13 ans, vivant à Panzi, a expliqué.
« Mes parents me demandent de vendre pour contribuer aux dépenses de la maison. J’épargne chaque jour dans le likilimba et, à la fin du mois, j’arrive parfois à payer mes frais scolaires. » a-t-il exprimé.
Pascal, 12 ans, élève en sixième primaire et vendeur de cannes à sucre, raconte:
« Mon père a décidé que mes sœurs et moi devions arrêter l’école à cause de la guerre. Il n’a plus les moyens de payer les frais scolaires. Il nous a confié chacun un petit commerce. Moi, je vends des cannes à sucre. » révèle-t-il
Malgré les efforts des ONG et structures internationales dédiées à la protection des droits des enfants, ces derniers continuent d’être victimes d’une indifférence alarmante dans la région. Sous la domination d’adultes accablés ou corrompus, les enfants deviennent les premiers sacrifiés d’une guerre sans fin qui les prive de toute enfance, de tout rêve et de tout avenir.
Et pourtant, ils sont l’avenir. Il est plus que jamais urgent que les responsables parents, autorités, décideurs prennent la pleine mesure de leur devoir moral. L’enfance est un droit, pas un luxe. Une société qui sacrifie ses enfants se condamne elle-même.
La RDC a ratifié de nombreux traités internationaux en faveur des enfants, aussi bien à l’ONU qu’au sein de l’Union africaine. Mais sans mise en œuvre réelle et lutte frontale contre les causes profondes pauvreté, conflits armés, corruption ces engagements restent des promesses creuses.
Par Cosna Muhigwa

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