10/10/2026

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Résolution 1325 de l’ONU : Prix Nobel de la paix 2026, Navi Pillay, une reconnaissance du rôle des femmes dans la construction de la paix

Après María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, un nouveau prix Nobel de la paix vient d’être attribué en 2026 à Navi Pillay, ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Cette reconnaissance souligne le rôle des femmes et leur engagement dans la défense des droits humains, la lutte contre l’impunité et la consolidation de la paix.

Cette reconnaissance s’inscrit  à la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle à renforcer la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits. Cette annonce aurait été faite le vendredi 9 octobre 2026 par  le Comité Nobel. Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans, a été reconnue pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international, selon le Comité Nobel norvégien. Cette distinction démontre plusieurs décennies d’engagement en faveur de la justice, de l’égalité et de la protection des droits humains.

Après la distinction attribuée en 2025 à la Vénézuélienne María Corina Machado, cette nouvelle reconnaissance d’une femme rappelle l’importance de leur contribution aux transformations politiques, sociales et judiciaires nécessaires à une paix durable.

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Maria Machado Prix Nobel 2025/crédit photo site ONU

Au-delà de la distinction individuelle, le parcours de Navi Pillay fait preuve d’un principe fondamental de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en 2000 : les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes des conflits armés, mais également comme des actrices à part entière de la prévention des conflits, des négociations de paix et de la reconstruction des sociétés.

Navi Pillay, un parcours marqué par la défense des droits humains

Le parcours de Navi Pillay témoigne d’un engagement de longue date contre les injustices. Sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, elle s’est investie dans la défense des militants anti-apartheid, dénonçant notamment la torture et contribuant à la reconnaissance des droits fondamentaux des détenus.

En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal, aujourd’hui appelée KwaZulu-Natal. Son engagement professionnel s’inscrit alors dans un contexte marqué par les discriminations raciales et les restrictions des libertés fondamentales.

En 1995, elle est nommée juge suppléante à la Cour suprême d’Afrique du Sud. La même année, elle est élue juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), où elle siège pendant huit ans, dont quatre comme présidente, de 1999 à 2003.

Au sein de cette juridiction, Navi Pillay contribue à une jurisprudence majeure sur les violences sexuelles commises pendant les conflits. L’affaire Procureur contre Jean-Paul Akayesu a notamment marqué l’histoire du droit international en établissant que le viol et les violences sexuelles pouvaient, dans certaines circonstances, constituer des actes de génocide.

Cette avancée représente une étape importante dans la reconnaissance des violences subies par les femmes en temps de guerre et dans la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes internationaux.

En 2003, Navi Pillay rejoint la Cour pénale internationale, à La Haye, où elle siège à la Chambre d’appel jusqu’en août 2008. Elle devient ensuite Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, fonction qu’elle occupe de 2008 à 2014.

Son parcours est également marqué par son engagement en faveur de l’égalité. En Afrique du Sud, sa participation à la Women’s National Coalition contribue aux efforts visant à inscrire le principe de non-discrimination dans la Constitution du pays.

Elle a également cofondé Equality Now, une organisation internationale engagée dans la défense des droits des femmes. Ses actions ont porté sur plusieurs domaines, notamment les droits des enfants, la protection des détenus, la lutte contre la torture et les violences conjugales, ainsi que la promotion des droits économiques, sociaux et culturels.

Ces engagements montrent que la construction de la paix ne se limite pas à la cessation des hostilités. Elle passe aussi par la justice, la protection des libertés fondamentales, l’égalité devant la loi et la lutte contre les violences qui fragilisent les sociétés.

Navi Pillay a également présidé la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, notamment dans le cadre de ses travaux sur la situation à Gaza.

Dans un rapport publié en septembre 2025, cette commission a conclu qu’Israël avait commis un génocide à Gaza. Ces conclusions s’inscrivent dans un contexte de graves controverses et de procédures internationales relatives aux violations présumées du droit international humanitaire et du droit international des droits humains.

Le travail de cette commission illustre l’importance des mécanismes internationaux chargés de documenter les violations, d’établir les responsabilités et de contribuer à la lutte contre l’impunité.

Pour Navi Pillay, la défense du droit international et la recherche de la responsabilité des auteurs de crimes graves constituent ainsi des dimensions essentielles de la justice et de la paix.

Résolution 1325 : reconnaître les femmes comme actrices de paix

Adoptée le 31 octobre 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies constitue un cadre majeur pour la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits. Elle insiste notamment sur leur représentation dans les mécanismes de décision, leur participation aux négociations de paix et la protection de leurs droits dans les situations de conflit armé.

Le parcours de Navi Pillay fait écho à cette vision. À travers la défense des droits humains, la lutte contre les violences sexuelles, la promotion de l’égalité et le renforcement de la justice internationale, son engagement illustre plusieurs domaines dans lesquels les femmes contribuent à la construction d’une paix durable.

Cette reconnaissance invite également à porter un regard plus large sur les femmes qui œuvrent quotidiennement à la paix dans leurs communautés : médiatrices, défenseuses des droits humains, journalistes, militantes, responsables d’organisations de la société civile et actrices des processus de dialogue.

Dans les régions touchées par les conflits, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, ces femmes participent à la prévention des violences, à la cohésion sociale, à la médiation communautaire et à la recherche de solutions pacifiques.

Leur contribution demeure toutefois confrontée à de nombreux obstacles, notamment leur faible représentation dans certaines instances de décision, les violences basées sur le genre et les risques auxquels sont exposées les défenseuses des droits humains.

La reconnaissance du parcours de Navi Pillay constitue ainsi un rappel de la nécessité de renforcer la participation effective des femmes aux processus de paix, conformément aux engagements portés par la résolution 1325.

 

Par Mitterrand Rukozo