Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) n’a pas été augmenté, mais plutôt réajusté après six ans par le ministre de l’Emploi. C’est ce qu’a précisé Madame Ghislaine Civava, présidente de l’intersyndicale du Sud-Kivu, lors d’une interview accordée ce vendredi 10 janvier 2025.
Le décret n°18/017 du 22 mai 2018 fixait le SMIG à 7 075 francs congolais, soit environ 5 dollars à l’époque. Après avoir constaté une hausse du taux du dollar, le ministre a réajusté le salaire minimum à 14 500 francs congolais, équivalant également à 5 dollars actuellement. Ce nouveau taux sera applicable à partir de février dans tous les secteurs d’activité, à l’exception des secteurs agro-industriel et pastoral.
Madame Ghislaine Civava présidente de l’intersyndicale du Sud-kivu, également présidente de l’UNTC (Union Nationale des Travailleurs du Congo), a indiqué que les organisations syndicales avaient mis en place plusieurs stratégies pour s’assurer de l’application effective de ce réajustement.
« Nous nous concertons avec nos collègues syndicalistes, nous effectuons des descentes sur terrain et nous collaborons avec les services techniques du ministère de l’Emploi, notamment l’inspection du travail, pour faire appliquer cette nouvelle loi. »
Elle a également appelé les travailleurs à signaler tout cas où le SMIG ne serait pas respecté.
« Il est important de préciser qu’il s’agit d’un réajustement et non d’une augmentation. Si le ministre avait souhaité une augmentation, il aurait dû convoquer les parties prenantes pour une nouvelle discussion. Malheureusement, nous considérons que ce réajustement ne tient pas suffisamment compte de la situation socio-économique des travailleurs, car le SMIG reste fixé à 5 dollars », a-t-elle déploré.
« Je tiens à rappeler à tous les travailleurs, qu’ils soient du secteur formel ou informel, ainsi qu’aux agents de l’État, que ce n’est pas une augmentation salariale, mais simplement un réajustement du SMIG, qui est un salaire journalier. Les organisations syndicales ne peuvent se contenter de cet réajustement, car il ne permet pas d’améliorer significativement les conditions de vie des travailleurs », a-t-elle ajouté.
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La révision du SMIG, effective à partir de février 2025, fait suite à un dialogue organisé en octobre dernier entre le gouvernement, les syndicats et les organisations patronales.
À partir de fin janvier, les inspecteurs du travail seront déployés sur le terrain pour vérifier l’application de ce nouveau SMIG. Il est important de noter que ce dernier ne concerne que les travailleurs soumis au Code du travail, et non les agents et fonctionnaires de l’État, qui sont régis par un statut spécifique.
Mitterrand Rukozo

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