20/08/2026

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Conflit à l’Est de la RDC: les Congolais dans l’embarras, l’espoir s’envole timidement

« La République démocratique du Congo risque une révolution de la population si le gouvernement continue de s’impliquer avec légèreté dans les processus de paix initiés au niveau international », propos de Désiré Ntayira, analyste et acteur politico-social de la ville de Bukavu, lors d’un entretien nous accordé ce mardi 17 juin 2025.

Après l’occupation des villes de Goma et Bukavu à l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais est entré dans une course au niveau régional et international pour un retour à la paix au pays. D’une part, trouver un schéma de consensus avec le mouvement politico-militaire de l’AFC/M23, et d’autre part avec le pays voisin du Rwanda, accusé par plusieurs rapports des Nations Unies d’être en complicité avec le M23. Ces deux démarches ont créé un sentiment d’espoir au sein de la population congolaise, surtout celle des zones sous occupation.

Précipitamment, comme elle s’y attendait vis-à-vis des calendriers sortis pour une probable signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, le premier, prévu le 2 mai 2025, a été avorté, et le second, projeté au 15 juin 2025, est repoussé à une date ultérieure inconnue. La population se trouve dans l’embarras et commence à perdre espoir timidement.

Le retour de la paix auquel elle aspirait, juste à l’annonce des démarches de Doha et Washington, se transforme peu à peu en cauchemar. La frustration monte, la douleur devient de plus en plus profonde, la peur d’un avenir meilleur s’installe. La situation socio-économique s’empire, un espoir sans avenir rassurant. Les processus tournent au ralenti, plus rien n’évolue, les accords mystérieux se mijotent et la population n’y comprend rien.

Elle se voit délaissée et ne sait plus à quel saint se vouer. Ils sont nombreux à penser que le gouvernement congolais devrait précipiter les processus pour atténuer la souffrance de la population de l’Est en particulier. Visiblement, Kinshasa tourne au ralenti.

Désiré Ntayira, coordonnateur national des communicateurs républicains (COREP), est parmi les Congolais qui craignent que, si la solution ne sort pas urgemment, les populations sous occupation risquent de tourner leur regard ailleurs. « Lorsqu’on ne trouve pas de solution au problème posé, la population risque d’accepter celui qui est là. Et ce serait une grande déception pour nos populations. C’est inacceptable de voir quelqu’un qui avait demandé les suffrages à la population en promettant de garantir son bien-être social, mais ce bien-être n’est pas là. On ne trouve pas de solution au problème à Doha et à Washington, alors cette population se réfugier auprès de qui? » s’interroge-t-il.

Malgré cette impasse dans laquelle la population est coincée, notre source lance un appel à l’unité et à la révolution des mentalités pour surmonter ce calvaire: « La population doit se préparer à une révolution des mentalités et comprendre que ceux qui lui promettaient le miel et le lait de ce pays sont les mêmes qui ne veulent pas trouver la solution à notre problème », regrette-t-il.

Retenez que, depuis le début des pourparlers à Doha et des démarches de Washington, les yeux des Congolais, surtout ceux de l’Est, sont restés braqués, depuis environ deux mois, vers Washington, mais la fumée blanche tarde toujours à sortir.

Par Prosper Mubambwe