08/10/2026

FREEMEDIA

La Femme au cœur de l'actualité

Bukavu: les motards entre espoir et revendications face aux nouvelles mesures

L’arrivée des nouveaux policiers chargés de réguler la circulation à Bukavu continue de faire réagir les motards. Directement concernés par les mesures mises en place, ces derniers dressent un bilan contrasté, certains saluent les améliorations, tandis que d’autres dénoncent encore des abus. C’est ce qui ressort d’une d’interviews réalisées ce mardi 30 septembre 202 par la rédaction de Freemedia.

 

Des avancées saluées par plusieurs conducteurs

Pour de nombreux motards, la situation s’est nettement améliorée depuis l’arrivée de cette nouvelle unité. Prince Bisimwa témoigne:

 « Avant, il y avait des menaces et beaucoup de tracasseries. Aujourd’hui, nous circulons librement et nous remercions Dieu. Même si tu transportes deux passagers, tu passes sans problème. »

D’autres confirment que les embouteillages ont légèrement diminué et que les demandes forcées d’argent, autrefois fréquentes, ne sont plus pratiquées.

Espoir, un autre conducteur, ajoute:« Nous travaillons sans inquiétude, contrairement à avant. »

Des abus qui persistent selon certains

Malgré ces avancées, des voix s’élèvent pour dénoncer des comportements jugés abusifs.

Kovinda Espoir rapporte:« On voit des cas où un motard se fait arracher les clés alors qu’il n’a commis aucune faute. Ni mauvais stationnement ni infraction. Cela nous inquiète. »

Il cite également l’exemple de motos arrêtées à la Place de l’Indépendance sans raison apparente. Ces pratiques ravivent la crainte d’un retour des tracasseries qui, par le passé, ont longtemps compliqué le quotidien des conducteurs.

Des inquiétudes autour des taxes et équipements

Sur le plan fiscal, les motards affirment qu’aucune nouvelle taxe n’a été imposée pour le moment. Toutefois, plusieurs évoquent la vente obligatoire de gilets et de cartes d’identification.

Prince Bisimwa précise:

 « Le gilet coûte 10 dollars, mais tout le monde ne peut pas l’acheter. Certains petits conducteurs gagnent à peine de quoi survivre. »

À ce jour, aucun motard n’a reçu d’information officielle à ce sujet.

L’état des routes, un problème plus profond

Au-delà des contrôles policiers, les motards insistent sur un enjeu majeur: l’état des routes.

« Nous voulons que les autorités construisent les routes et aménagent des parkings. Aujourd’hui, pour aller à Ciriri ou vers la zone industrielle, c’est presque impossible à cause des routes abîmées », demandent-ils.

En somme, les motards de Bukavu reconnaissent une réduction des tracasseries grâce aux nouveaux policiers. Mais ils appellent les autorités à aller plus loin, en investissant dans l’amélioration des infrastructures routières et des espaces de stationnement, plutôt que dans des mesures jugées contraignantes.

Par Christel Safari