08/10/2026

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RDC: 25 ans après la Résolution 1325, les défis persistent

Malgré quelques avancées, la mise en œuvre de la Résolution 1325, Femme, Paix et Sécurité du Conseil de sécurité des Nations Unies reste confrontée à de nombreux défis en République Démocratique du Congo, notamment en raison des conflits récurrents à l’Est du pays.

À l’occasion du 25e anniversaire de l’adoption de cette résolution, plusieurs femmes engagées ont dressé un état des lieux de son application sur le terrain.

Madame Solange Lwashiga, Coordonnatrice du Caucus de Femmes du Sud-Kivu et porte-parole honoraire du mouvement Rien sans les Femmes, a partagé son analyse avec notre rédaction.

« Sur le plan politique, il y a eu quelques avancées. La courbe de participation des femmes dans les postes de prise de décision a légèrement progressé, mais une forte résistance persiste au niveau communautaire », souligne-t-elle.

Une résolution non contraignante

Interrogée sur l’état de la mise en œuvre de la résolution 1325, Mme Solange Lwashiga rappelle un obstacle majeur:

« La Résolution 1325 est internationale mais non contraignante. Aucun mécanisme de sanction n’existe pour les États qui ne la respectent pas. Cela limite fortement son application. »

Elle ajoute que la participation des femmes dans les instances décisionnelles reste faible, malgré l’article 14 de la Constitution congolaise qui consacre la parité homme-femme.

 « On se limite souvent à évaluer la parité au niveau du gouvernement central, alors qu’elle devrait s’appliquer aussi aux institutions privées. Le manque de suivi de l’État congolais dans ces structures est flagrant. »

Conflits armés et violences sexuelles, un défi majeur

La persistance des conflits à l’Est du pays aggrave la situation:

 « Cela fait plus de trente ans que la guerre sévit à l’Est. Les violences sexuelles liées aux conflits sont en constante augmentation. Nous tentons de documenter les cas, mais beaucoup restent invisibles. »

Femmes et processus de paix, une place encore marginale

Concernant la place des femmes dans les processus de consolidation de la paix, Mme Lwashiga déplore leur faible implication:

 « Lors des rencontres à Doha, Washington, Nairobi ou ailleurs, ce sont les politiciens et les ministres qui sont invités. Les femmes, quand elles sont présentes, n’ont pas de rôle décisionnel. »

Elle insiste sur la nécessité d’inclure toutes les catégories de femmes, même celles issues des milieux populaires, dans les assises de paix.

 Le financement, talon d’Achille du plan d’action

Enfin, elle pointe un autre obstacle majeur:« Le financement du plan d’action national de la Résolution 1325 reste un problème non résolu, surtout avec la réduction des aides internationales, notamment des États-Unis. »

Mitterrand Rukozo