20/08/2026

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Bukavu : quand les artistes peintres luttent contre la désinformation à travers l’art

Pendant cette période de crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la population fait face à une montée de la désinformation. Dans une interview accordée ce mercredi 9 Avril 2025, Jérôme Andema, artiste peintre et propriétaire de la société « JAK Peint », sensibilise la population du Sud et du Nord-Kivu à prendre conscience de l’importance de ne pas diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux. 

La désinformation, a pris une place importante dans la société depuis le début des atrocités dans l’Est de la RDC, est devenue un véritable fléau.

Nous nous sommes rendus au quartier Brasserie, dans la commune de Bagira, pour rencontrer Jérôme Andema, artiste peintre et décorateur. Il nous a expliqué une image qu’il a réalisée, qui illustre la réalité tragique traversée par les habitants de l’Est de la RDC.

Aux environs de 11 heures, dans son atelier, Jérôme Andema, un jeune artiste peintre et décorateur âgé d’une vingtaine d’années et détenteur de la société artistique « JAK Peint », nous a partagé son inspiration née des événements de la guerre. Pour lui, ces événements deviennent une source de création artistique.

Dans son atelier, Andema prépare ses matériaux et réalise une silhouette représentant une transition entre la guerre et la souffrance. Cette œuvre traduit également une désillusion, un refus de confronter une réalité douloureuse.

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« Ce que nous pouvons retenir de cette image, c’est qu’elle reflète, dans sa globalité, un univers de confusion et de souffrance où la guerre, la désinformation et le retrait mental deviennent une réalité actuelle pour la population du Nord et du Sud-Kivu. 

Cette image fait appel à la conscience de chacun en cette période difficile. Nous cherchons à sensibiliser les communautés des deux zones touchées par la guerre à éviter la diffusion de messages erronés, afin de prévenir l’isolement. »  démontre t-il.

Malgré les défis et les limitations auxquels il est confronté, Jérôme Andema reste courageux et nous présente une œuvre créée en pleine période de guerre. Cette peinture, composée de quatre couleurs principales (bleu ciel, bleu clair, noir, et d’autres), transmet un message codé. Elle illustre la situation difficile vécue par la population, marquée par les désinformations constantes.

– Le bleu ciel symbolise l’espoir, la liberté et les perspectives. Cette couleur représente un faible mais tangible espoir d’une paix durable, même si les communautés vivent dans l’incertitude.

– Le bleu clair, associé à la couleur du lac, évoque le calme et la tranquillité, symboles de paix.

– Le noir représente une silhouette d’un homme portant un chapeau et tournant le dos. Ce geste traduit une transition entre la guerre et la souffrance, ainsi qu’une illusion de paix et de sécurité.

La silhouette de l’homme portant un chapeau qui tourne le dos semble indiquer une forme de protection contre une réalité brutale. Ce refus de se confronter à la douleur et au chaos environnant apparaît comme une manière de se préserver mentalement.

Face à la désinformation, cette image révèle le besoin de lutter contre la manipulation liée à la guerre et à la propagation de fausses informations numériques. Pour Andema, l’homme qui se rapproche du lac symbolise une quête de solitude et de calme, loin des mensonges diffusés sur les réseaux sociaux.

Selon Jérôme Andema, cette œuvre représente un hiver de confusion et de souffrance, où la guerre, la désinformation et le retrait mental deviennent la réalité de la population de l’Est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

De l’autre côté de l’atelier, un tableau représentant un arc-en-ciel évoque la paix et la tranquillité.

Bien que l’image soit une œuvre d’art, elle porte un message fort : « elle sensibilise les habitants de l’Est de la RDC à ne pas donner de force aux messages erronés sans source fiable » a-t-il conclu

 

Par Mitterrand Rukozo