À l’occasion de la Journée internationale de la femme rurale, célébrée le 15 octobre, Divine Kazige, activiste des droits des femmes, appelle les autorités et les partenaires au développement à renforcer leur soutien aux femmes rurales. Elle plaide pour la reconnaissance de leur travail, la protection de leurs droits et un meilleur accès aux ressources matérielles et financières afin de favoriser leur autonomisation économique et leur participation au développement communautaire.
Actrices essentielles de la production agricole, du petit commerce et de la vie communautaire, les femmes rurales contribuent à la sécurité alimentaire et au bien-être des ménages. Pourtant, leur travail reste insuffisamment reconnu et leur autonomisation économique se heurte à de nombreux obstacles.
Pour Divine Kazige, leur contribution ne se limite pas aux activités agricoles. Elles interviennent également dans les organisations villageoises, la médiation communautaire et les initiatives de consolidation de la paix.
« La femme joue un rôle important dans l’agriculture, les organisations villageoises, le petit commerce, la médiation communautaire et les questions de paix », souligne-t-elle.
Les conflits et les discriminations freinent leur autonomisation
Malgré leur rôle dans l’économie locale, de nombreuses femmes rurales restent confrontées à la précarité financière et aux inégalités de genre. Dans l’est de la République démocratique du Congo, les conflits armés et les violences accentuent leur vulnérabilité et compliquent davantage leurs activités économiques.
Divine Kazige déplore également la persistance de certaines normes sociales qui cantonnent les femmes aux rôles traditionnels et limitent leur participation aux prises de décision au sein de leurs familles et de leurs communautés.
Cette situation constitue, selon elle, un frein à leur émancipation et à leur pleine contribution au développement local.
Le dialogue communautaire pour faire évoluer les mentalités
Pour favoriser un changement durable, l’activiste mise sur le dialogue communautaire et la sensibilisation, en impliquant aussi bien les filles que les garçons.
L’objectif est de promouvoir le respect des droits des femmes et l’égalité entre les sexes dès le plus jeune âge, tout en encourageant des comportements favorables à la participation des femmes à la vie communautaire.
Cette approche vise également à renforcer la cohésion sociale et à faire évoluer les perceptions qui entretiennent les discriminations.
Un appel à un accompagnement concret des agricultrices
Au-delà des campagnes de sensibilisation et des formations, Divine Kazige appelle les autorités et les partenaires au développement à mettre en place des mécanismes d’accompagnement adaptés aux besoins des femmes rurales.
Elle plaide notamment pour la mise à disposition de moyens matériels et financiers permettant aux agricultrices de développer leurs activités, d’améliorer leurs conditions de vie et de progresser vers l’autonomie financière.
Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les capacités des organisations locales qui accompagnent les femmes sur le terrain, afin de consolider leurs actions en faveur de leurs droits et de leur autonomisation. Un enjeu qui dépasse la seule condition féminine : soutenir les femmes rurales, c’est aussi renforcer les économies locales, améliorer la sécurité alimentaire et favoriser le développement des communautés.
Par Cosna Muhigwa


More Stories
Bukavu : après les flammes, des familles sans toit face aux pluies et aux difficultés de reconstruction
Grands-Lacs : lancement du Réseau régional des professionnels des médias et de la communication pour la paix
Bukavu : les jeunes reporters alertent face à la multiplication des incendies