Un atelier de renforcement des capacités des défenseuses des droits humains sur les violences basées sur le genre (VBG) facilitées par le numérique. L’activité s’est tenu ce 15 octobre 2026 à Bukavu par Mkaaji Mupya asbl en collaboration avec Feminia RDC. L’activité visée à renforcer leurs compétences en matière de sécurité numérique, de plaidoyer féministe et de protection, afin de mieux prévenir ces violences et de sensibiliser les communautés.
L’activité a réuni des jeunes femmes issues de plusieurs organisations locales. Elle vise notamment à renforcer les compétences techniques, politiques et sécuritaires de 40 défenseuses des droits humains membres des organisations du réseau FEMINIA RDC dans les provinces du Sud-Kivu et de l’Équateur. L’objectif est d’accroître leur résilience, leur capacité de plaidoyer féministe ainsi que leur protection.
Les travaux ont porté sur quatre thématiques principales : le leadership féminin et les principes féministes, le plaidoyer stratégique et la création d’alliances aux niveaux local et national, la sécurité physique et numérique, ainsi que la protection holistique et le bien-être.
Des exercices en groupes de discussion ont également permis aux participantes de mettre en pratique les connaissances acquises. Elles ont notamment travaillé à la conception de messages de sensibilisation destinés à prévenir et à combattre les violences basées sur le genre facilitées par le numérique.
« L’outil numérique peut servir à faire taire les femmes »
Pour Monique Cirimwami, chargée de programme au sein de MKAAJI MPYA, cet atelier constitue une occasion de renforcer la sensibilisation à la sécurité numérique, au plaidoyer stratégique et à l’engagement collectif des femmes.
« Actuellement, l’outil numérique apparaît comme un moyen qui permet de faire taire les femmes qui veulent oser, qui veulent porter haut la voix de la femme », explique-t-elle.
Elle insiste sur la nécessité de renforcer les compétences des femmes en matière de sécurité numérique afin de leur permettre de mieux se protéger contre les violences en ligne et de poursuivre leur engagement dans les espaces numériques.
Elle encourage par ailleurs les participantes à s’approprier cette lutte et à devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés, notamment grâce à l’outil de signalement déjà mis en place.
Parmi les bénéficiaires de la formation figure Philomène Kungwa, membre de l’organisation Vijana Shuaja. Pour elle, cet atelier constitue un rappel de l’importance d’adopter des comportements responsables sur les réseaux sociaux, où certaines pratiques peuvent exposer les utilisateurs à des risques sans qu’ils en aient pleinement conscience.
« Pour limiter les violences basées sur le genre facilitées par le numérique, nous devons faire attention à nos publications et à ce que nous repartageons, afin d’éviter de nous exposer nous-mêmes à travers nos propres contenus », souligne-t-elle.
Au terme de cet atelier, les participantes ont conçu des messages de sensibilisation destinés à mobiliser les communautés contre les violences basées sur le genre facilitées par le numérique. Une démarche qui vise à promouvoir un usage plus sûr et responsable des outils numériques, tout en renforçant la protection et la participation des femmes dans les espaces en ligne.
Par Evelyne Masonga

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