Après les incendies meurtriers survenus dans plusieurs quartiers de Bukavu, au Sud-Kivu, les familles sinistrées doivent faire face non seulement aux pertes humaines et matérielles, mais aussi aux conséquences psychologiques de ces drames. La psychologue clinicienne Wanny Murhabazi Irène appelle à un accompagnement psychosocial, particulièrement en faveur des enfants témoins de la mort de leurs camarades.
La ville de Bukavu a été frappée par plusieurs incendies à répétition dans différents quartiers, entraînant d’importantes pertes humaines et matérielles. Parmi les conséquences les plus tragiques figure le décès de 27 élèves de deux établissements scolaires, lors d’un incendie survenu à Cimpunda, dans la commune de Kadutu.
Au-delà des maisons détruites, des biens réduits en cendres et des vies perdues, ces catastrophes laissent de nombreuses familles dans une situation de grande précarité. Elles soulèvent également une question essentielle : comment accompagner les survivants confrontés au choc émotionnel et aux traumatismes psychologiques ?
Pour la psychologue clinicienne Wanny Murhabazi Irène, la prise en charge des victimes ne doit pas se limiter à l’assistance matérielle. L’accompagnement psychologique constitue également une dimension essentielle du processus de reconstruction.
« Nous devons être là pour ces victimes des incendies. Nous ne devons pas nous focaliser uniquement sur l’aspect physique, mais aussi nous concentrer sur leur état mental. Nous devons être à leur écoute et détecter les besoins réels de ces personnes », souligne-t-elle.
Les enfants, particulièrement exposés aux traumatismes
Parmi les personnes nécessitant une attention particulière figurent les enfants qui ont assisté à la mort de leurs camarades ou vécu directement les conséquences des incendies. De telles expériences peuvent affecter leur équilibre émotionnel, leur comportement et leur parcours scolaire.
La psychologue recommande ainsi un suivi psychologique individualisé, adapté aux besoins de chaque victime, afin de l’aider à surmonter cette épreuve et à retrouver progressivement un équilibre.
Elle invite également les établissements scolaires à sensibiliser et à outiller les enseignants pour qu’ils puissent mieux accompagner les élèves affectés. Une attention particulière doit être accordée aux changements de comportement et aux signes éventuels de détresse psychologique, afin de faciliter une orientation vers des professionnels lorsque cela est nécessaire.
Un accompagnement au-delà de l’urgence
Alors que les efforts d’assistance aux familles sinistrées sont indispensables pour répondre aux besoins immédiats, la dimension psychologique mérite elle aussi une place dans les mécanismes de prise en charge.
Pour les victimes, se reconstruire ne signifie pas seulement retrouver un logement ou remplacer les biens perdus. Cela suppose également de pouvoir exprimer leur souffrance, bénéficier d’une écoute adaptée et, lorsque nécessaire, accéder à un accompagnement professionnel.
Ces conséquences des incendies rappellent ainsi l’importance d’une réponse qui associe assistance matérielle, soutien psychosocial et accompagnement des enfants affectés, afin de favoriser une reconstruction durable des familles et des communautés touchées.
Par Evelyne Masonga

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