21/08/2026

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Sud-Kivu: des solutions locales pour préserver le Parc National de Kahuzi-Biega

Initier des projets agroécologiques dans les périphéries du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), au profit des communautés locales, serait l’une des solutions pour protéger ce patrimoine mondial, actuellement victime d’exploitation illégale. C’est ce que propose Dorcas BOLESE, chercheuse en sciences environnementales et enseignante à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu, lors d’un entretien avec notre rédaction, ce vendredi 4 juillet 2025.

Depuis quelque temps, le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) fait l’objet d’une exploitation illégale par des populations riveraines, selon plusieurs dénonciations d’organisations de la société civile locale et d’alertes lancées par des activistes environnementaux.

Cette exploitation met en danger la vie des exploitants eux-mêmes et entraîne de graves conséquences pour l’environnement. D’après Dorcas BOLESE, ces impacts sont à la fois environnementaux, socio-économiques et sécuritaires. Pour elle, la déforestation au sein du parc nuit à la régulation climatique, l’une des fonctions vitales de la forêt:

IMG-20250705-WA0018-259x300 Sud-Kivu: des solutions locales pour préserver le Parc National de Kahuzi-Biega

« Ces activités d’exploitation illégale dans le PNKB ont des conséquences néfastes. Connaissant le rôle vital que joue la forêt dans la régulation du climat, cela provoque des perturbations tant locales que globales », affirme-t-elle.

Elle insiste sur la nécessité de créer des alternatives concrètes, notamment pour les jeunes, qui constituent la majorité des personnes impliquées dans ces pratiques, faute de projets locaux adaptés pour leur encadrement:

« La plupart de ceux qui participent à cette exploitation sont des jeunes. Ils manquent d’alternatives, car aucun projet concret n’est mis en place pour les encadrer », déplore-t-elle.

Néanmoins, Dorcas appelle toutes les parties prenantes à renforcer les mesures de protection, à respecter les lois sur la conservation de la nature, à démanteler les filières illégales et à doter les écogardes du PNKB de meilleurs équipements et d’une formation adéquate. Elle recommande en outre le développement d’alternatives économiques durables pour les communautés locales, telles que l’installation de projets agroécologiques dans les zones périphériques du parc, afin de leur permettre de mener sereinement leurs activités agricoles et de subvenir à leurs besoins essentiels:

« Il est crucial de mettre en place des alternatives économiques durables pour les communautés locales, comme des projets agroécologiques dans les zones périphériques du Parc National de Kahuzi-Biega », conclut-elle.

Pour rappel, des organisations de la société civile et des militants écologistes ont récemment dénoncé la coupe de bois pour la fabrication de charbon, la récolte illégale de bambous, et d’autres exploitations non réglementées dans le PNKB. L’un des incidents les plus marquants: une jeune fille d’environ dix ans a été blessée au ventre par un gorille, conséquence tragique de la pression exercée sur le milieu naturel.

 

 

Par Prosper Mubambwe