À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée ce 5 juin 2026, Pacifique Mushubusa a animé une session d’échanges à l’Université Alternative du Pole Institute dans le cadre du projet Kizazi cha Amani, sur la gestion et la protection de l’environnement, mais aussi les liens étroits entre justice climatique, jeuneuse, paix et sécurité.
Devant les jeunes participants, l’intervenant a souligné que la dégradation de l’environnement contribue à alimenter les tensions au sein des communautés. Selon lui, il est impossible de parler de consolidation de la paix sans prendre en compte les enjeux environnementaux.
« On ne peut pas parler de consolidation de la paix sans évoquer les questions liées à l’environnement et à la résolution des conflits. La paix est une action, tout comme la protection de l’environnement. Beaucoup pensent qu’il suffit d’avoir l’information ou la théorie, mais ce qui compte, c’est l’action à mener », a-t-il déclaré.
Pacifique Mushubusa a expliqué que chaque jeune leader peut contribuer à la protection de l’environnement à différents niveaux, du cadre individuel jusqu’aux actions collectives susceptibles d’avoir un impact durable sur la communauté.
Il a notamment encouragé les jeunes à jouer un rôle actif dans la sensibilisation, la prévention et la mobilisation citoyenne, tout en participant aux processus de prise de décision.
Abordant la question des politiques publiques, il a insisté sur l’importance du plaidoyer mené par la jeunesse afin d’inciter les autorités à assumer leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement.
« Les jeunes peuvent initier des actions de plaidoyer pour influencer les politiques publiques de protection de l’environnement. Ils peuvent également promouvoir des solutions comme l’utilisation des énergies renouvelables », a-t-il affirmé.
Pour illustrer le lien entre environnement et conflits, l’orateur a cité l’exemple de la ville de Bukavu, caractérisée par un relief fortement varié. Selon lui, l’occupation de zones inadaptées à la construction favorise les risques d’éboulement, lesquels peuvent provoquer des tensions entre voisins et au sein des communautés.
« À Bukavu, il existe plusieurs sites impropres à la construction. Lorsqu’il y a des éboulements, cela peut créer des conflits entre voisins. C’est pourquoi nous menons aujourd’hui des recherches sur la justice climatique en lien avec la jeunesse, la paix et la sécurité », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé que les conséquences de la dégradation de l’environnement ne sont pas toujours immédiates, mais qu’elles finissent par affecter les conditions de vie des populations et la stabilité sociale.
Dans cette perspective, il a invité les jeunes à agir à cinq niveaux, en commençant par l’échelle individuelle. Il s’agit notamment d’adopter des pratiques écologiques, de développer une culture de protection de l’environnement, de réduire l’usage des déchets plastiques et de participer aux travaux communautaires.
À travers cette activité organisée dans le cadre du projet Kizazi cha Amani, les participants ont été encouragés à considérer la protection de l’environnement non seulement comme un devoir citoyen, mais aussi comme une clef essentielle pour la construction d’une paix durable et le renforcement de la résilience des communautés face aux défis climatiques.
Par Mitterrand Rukozo

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