11/08/2026

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Bukavu : le tricotage, une tradition révisée par une nouvelle génération

Longtemps perçu comme une activité domestique réservée aux mamans et aux grands mères, le tricot connaît une véritable renaissance à Bukavu, à l’est de la République démocratique du Congo. Porté par une nouvelle génération de jeunes femmes audacieuses et passionnées. Cet art devient un véritable symbole d’innovation et d’émancipation.

 

 

Fils colorés , crochet entre les doigts, Ortence s’applique à donner une nouvelle vie aux vêtements en laine. Ce qui était autrefois un passe-temps ou une activité réservée aux femmes sans emploi se transforme désormais en un métier créatif et stylé.

Marthe Maya, une jeune entrepreneure, a appris à tricoter grâce à des vidéos tutoriels sur YouTube. Son approche moderne et dynamique une nouvelle énergie dans l’entrepreneuriat .

 « Nos mamans faisaient surtout des chaussettes ou des vêtements pour bébés. Nous, on crée des robes de cérémonie, des tenues stylées qu’on peut porter à un mariage ou à une fête. Le tricot est devenu un métier, un style, une passion », raconte Marthe.

Pour elle, le tricot dépasse largement la simple fabrication de vêtements. C’est un acte de création, une source de revenus et une voie vers l’indépendance.

« Je peux tricoter toute la journée sans me fatiguer. Quand tu fais ce que tu aimes, tu ne vois pas le temps passer », confie-t-elle.

Défis et résilience

Mais le quotidien des tricoteuses de Bukavu n’est pas sans obstacles. Le principal défis reste l’approvisionnement en laine.

« Le plus grand problème, c’est le manque de stock. Si on n’a pas assez de laine, on perd des clientes », explique Marthe.

Face aux difficultés, ces jeunes entrepreneures font preuve de détermination et de créativité. Elles lancent un message fort aux jeunes filles de leur génération:

« Avant de commencer une activité, il faut d’abord savoir ce que tu sais bien faire. Chacun a un don. Moi, c’est le tricot. Toi aussi, tu as quelque chose que tu fais avec plaisir. Découvre-le, développe-le et lance-toi! Il faut apprendre à se débrouiller seule. Quand on veut être indépendante, on trouve toujours un moyen de réussir. » oriente t-elle.

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Dans son atelier, Hortense Ntayira travaille dans le silence, concentrée sur le crochetage, qui permet de confectionner vêtements, sacs, accessoires, et bien plus encore.

« Avant, nos mamans et nos grands-mères faisaient des tricots, des tapis et des napperons. Aujourd’hui, nous créons des vêtements et des accessoires. Il y a un véritable changement entre ce qui se faisait avant et ce que nous faisons aujourd’hui », explique-t-elle.

Mais elle rencontre également des difficultés, notamment l’accès à des matériaux de qualité et le manque de reconnaissance du temps investi dans la création de chaque pièce.

« Les clientes pensent que ces vêtements devraient coûter le même prix que ceux achetés sur le marché, alors qu’ils nécessitent beaucoup de temps et de travail », regrette Hortense.

Ces jeunes tricoteuses ne se contentent pas de créer des habits. Elles tissent aussi leur avenir, leur autonomie et leur fierté. Elles prouvent que même une activité perçue comme traditionnelle peut devenir un levier de transformation sociale et économique.

 

Christel Safari et Linda Batumike (stagiaires)